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Portraits d’Agricultrices: Irene Kouadio Ahoutou de Côte d’Ivoire

Nom: Irene Kouadio Ahoutou
Lieu: Côte d’Ivoire, Lôh-Djiboua, Lakota, Gbahiri
Principales cultures ou productions: Cacao
Nombre d’années d’activité agricole: 15 ans

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Kouadio Ahoutou Irène est une agricultrice spécialisée dans la culture du cacao. Elle est basée dans la région de Lakota, en Côte d’Ivoire. Irène travaille dans une petite exploitation et elle cultive principalement du cacao destiné à l’industrie du chocolat et des cosmétiques.

En plus de son activité agricole, elle occupe également le poste de Présidente de l’Association pour la Promotion de l’Entraide Communautaire dans son village. Grâce à la cacaoculture, Irène a pu subvenir aux besoins de sa famille et de sa communauté, tout en acquérant une autonomie financière.

À l’occasion de l’Année internationale de la femme agricultrice, The Foodscapes Collective met en lumière des femmes agricultrices dont le travail soutient les familles, les communautés et les systèmes alimentaires. Cette série leur donne parole et partage leurs expériences à travers de courtes conversations sur leurs parcours et sur ce que signifie, pour elles,  cultiver la terre. 

Dans ce portrait, Irène revient sur la façon dont la cacaoculture  l’a aidée à s’affirmer en tant que membre au sein de sa communauté.

Qu’est-ce qui vous a conduit ou donné envie de devenir agricultrice ?

Je suis devenue agricultrice parce qu’étant illettrée, je n’avais pas beaucoup d’options pour trouver ma place dans la société. Après réflexion, j’ai réalisé qu’être agricultrice pouvait me procurer de la nourriture immédiatement mais aussi de réussir socialement dans la vie si je la pratiquais.

Comment avez-vous appris votre métier ?

Le métier de cacaocultrice n’est pas facile. Pour ma part, je l’ai appris toute petite avec mes parents, dans la zone de BOUAKE (zone centre de la Côte d’Ivoire). Ainsi je suis venue à LAKOTA (dans le centre-ouest du pays), pour créer ma propre plantation car c’est une zone forestière propice à la cacaoculture.

À quoi ressemble une journée typique sur votre ferme ?

Quand c’est un nouveau champ, je prépare des pépinières de plants de cacao qui seront transplantés dans des butes dédiées. Mais lorsque le champ entre en production, la plupart des journées sont affectées au désherbage de la parcelle, à la taille des gourmands et à l’élagage. Il y a aussi l’enlèvement des loranthus certaines journées..

Quels sont les principaux défis que vous rencontrez en tant que femme agricultrice ?

Le problème majeur ici est l’accès à la terre. Lorsque vous obtenez de la terre cultivable, après avoir libéré la caution demandée, l’obstacle qui survient est que l’on peut venir vous arracher le champ quand il rentre en production, sous le prétexte que la terre n’appartiendrait pas au propriétaire qui vous l’a cédé auparavant et que le vrai propriétaire vient à surgir. Et quand c’est ainsi c’est les querelles interminables et des conflits perpétuels.

Que représente pour vous le fait de produire de la nourriture ? Y a-t-il une culture ou un produit qui vous tient particulièrement à cœur ?

Un sentiment de plaisir et d’accomplissement parce que même si nous ne consommons pas directement les fèves de cacao, mais elles servent à produire du chocolat et d’autres produits cosmétiques. Donc pour moi c’est un sentiment de satisfaction. De plus, cela me procure aussi de quoi subvenir à mes besoins et de m’occuper de ma famille. J’ai même pu construire ma maison avec les revenus. Oui, je voudrais aussi planter du manioc sur 1 à 2 hectares.

 Quel conseil donneriez-vous aux jeunes femmes qui souhaitent se lancer dans l’agriculture ?

Aux jeunes filles je dirais que le métier de la cacaoculture n’est pas facile, comme d’ autres métiers d’ailleurs. Mais avec de la persévérance, il arrive à nourrir celui qui le pratique à force de persévérance. Il est donc préférable de faire quelque chose de porteur comme ce métier que de rester à ne rien faire d’autant plus qu’il procure une autonomie financière tant recherchée au niveau des hommes comme les femmes. J’encourage donc mes sœurs à s’engager pleinement car la réussite vient avec l’effort.

Photos courtesy of Irene Kouadio Ahoutou


Carole Dupuy-Batkai photo

Carole Dupuy-Batkai

Carole is a project manager and sociologist with international experience across Europe and North America. With a background in linguistics, political science, and sociology, her work has focused on human rights, women’s initiatives, indigenous peoples, and sustainability. As a Certified Chocolate Taster, she is now deepening her expertise in ethical cacao sourcing and heritage cacao varieties.

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